L'exploit incroyable de Pascal D., Orléanais et blessé de guerre, à bord de son kayak sur la Loire (ARTICLE DE LA REP.)

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Pour sensibiliser l'opinion publique au syndrome de stress post traumatique, Pascal D., Orléanais et blessé de guerre, a descendu la Loire de Roanne à Saint-Nazaire en kayak, sans assistance et en totale autonomie, en seulement cinq jours et deux heures. Un exploit insensé.

Ce commando de l'armée de l'air orléanais s'était lancé un défi fou : descendre la Loire en kayak le plus rapidement possible. C'est désormais chose faite depuis samedi 15 janvier à 10 heures où il est passé sous le pont de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), cinq jours et deux heures après son départ de Roanne (Loire) et quelque 750 km !

Une arrivée emplie d'émotions : "C’était magnifique. C’était plus profond que de la joie", explique-t-il, lui qui commence à se remettre physiquement quelques heures après son exploit. "C'est la réalisation d’un rêve pour lequel je me prépare depuis un an. Quand j’ai franchi le pont, j’étais submergé d’émotions. C’est quelque chose qui m’avait paru lointain et inaccessible. Le voir se concrétiser autrement que dans mes rêves, c’était un sentiment de plénitude." 

Parce que si le défi sportif est énorme, il y avait bien plus que cela dans le projet de Pascal qui, comme il aime à le rappeler, n'aurait pas pu réussir sans ses deux partenaires : l'association des Gueules cassées et le fabricant de kayaks, Nautiraid. En effet, lui-même blessé de guerre, ayant souffert de syndrome de stress post traumatique à la suite d'opérations militaires, il s'est battu pour cette cause et a tenu à la faire connaître. Pour les blessés de guerre, pour ses camarades tombés au combat.

17 heures de kayak par jour

Grâce à son projet, Pascal a permis à ces militaires de faire connaître et faire comprendre à leur entourage ce qu’ils vivaient. "De savoir ça, c’est une grande satisfaction. Cela faisait partie de mes motivations. C’était de faire mieux connaître et mieux comprendre le syndrome de stress post traumatique, pour que ceux qui en sont touchés soient mieux entourés. Cet objectif, il est vraiment atteint, à une échelle que je n’imaginais pas. Et aussi, j’ai été suivi par beaucoup de militaires et de blessés." Il ne le dira pas parce que Pascal est modeste. Mais il est un modèle dorénavant. "Peut-être qu'ils n’auraient pas pensé à se lancer dans des défis, en affichant leur blessure. Parce que j’assume totalement cette blessure. Dans la blessure psychique, le plus dur c’est de l’accepter et de le montrer. Je suis un blessé psychique. Et oui, c’est un exemple positif. Et cela a apporté également un lien entre blessés. Ils ont vécu cette petite aventure avec moi."

Durant ces cinq jours d'efforts, Pascal pagayait environ 17 heures par jour. Puis bivouaquait sur les berges. "J’avais une tente, un sac de couchage. C’est le gros avantage du kayak : j’ai eu un confort sur le terrain que je n’avais jamais connu. Parce que c’est le kayak qui portait mon bivouac." En effet, en opération en tant que commando, Pascal portait lui-même ses affaires sur son dos, forcément. "Là, c’était l’hôtel trois étoiles comparé à avant !"

Une seule fois, il doit s'arrêter sans que cela soit prévu : "J’étais tellement glacé que je commençais à avoir des maux de tête, des nausées, des vertiges…" Il se repose une petite heure et repart.

Se retrouver au milieu de la nature, seul, était un de ses objectifs avant de partir : "J’ai été complètement plongé dans cette nature vraiment sauvage de la Loire. Qui était rendu encore plus sauvage par les conditions climatiques (froid, brouillard, givre)", se remémore-t-il. "J’étais coupé de mon petit monde quotidien habituel. J’étais en contact permanent avec ce fleuve puissant. Je devais accepter d’être tout petit face à cette nature. Et c’était magnifique. Avec des couchers de soleil incroyables. J’en ai eu plein les yeux. Tout mon corps a été plongé dans des sensations dues au contact avec la nature sauvage. Et j’ai découvert qu’en me mettant dans cette situation, ça m’a obligé à aller chercher toutes les ressources que j’avais en moi. De détermination, de force mentale, de volonté, de courage, d’énergie. Puis de les déployer à 100 %."

Des soutiens tout au long du trajet

"Beaucoup de personnes sont venues m’encourager tout le long sur le trajet", sourit Pascal. "Des gens sur les ponts qui me criaient "allez Pascal !" ou ces deux mariniers de Loire, Bibi et Richard, qui m’attendaient avec leur bateau, à Nevers. Et ils m’ont accompagné ensuite. C’était formidable. Ils m’avaient préparé un thermos de café ! À Jargeau, Franck, un marinier d’Orléans, avec sa toue cabanée, m’attendait aussi. Et à Orléans, il y a eu les pompiers et un immense comité d’accueil, le mercredi. Et ça a continué à Meung-sur-Loire, à Tours. Un kayakiste militaire m’attendait aussi à Saumur. Il m’a accompagné pendant 40 kilomètres. Ça m’a fait beaucoup de bien parce que dans cette portion-là, j’accusais vraiment le coup. Ça m’a redonné le moral."               


ARTICLE DE LA REP.



publier le 17/01/2022 par


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